suiteLe seul titre tendre et romantique « Une rose », est une version française de « Love me tender » d’Elvis Presley (après Christian Garros et avant Johnny Hallyday). La France découvre alors un timbre de voix acidulé qui s’inscrit entre Sylvie Vartan et France Gall. L’accueil des médias comme du public est timide mais ces débuts prometteurs engendrent un deuxième disque qui mène la piquante et séduisante jeune femme tout droit vers le chemin du succès et de la gloire. « Baby love » est une excellente reprise du hit des Supremes et si « J’ai raté mon bac » est très influencé par France Gall, « Tout finit à Saint-Tropez », une superbe ballade écrite par Guy Béart et « C’est loin domani » du film : La Rolls Royce jaune achèvent de nous convaincre du charme dévastateur d’Annie Philippe. Presse et radios sont alors prêtes à la propulser au firmament des jeunes chanteuses françaises. Le troisième 45 tours confirme pleinement les espoirs avec le tonique « J’ai tant de peine » composé par Guy Marchand qui sera bien classé à SLC Salut les copains à la fin de 1965.
Philippe Annie est née à Ménilmontant le 17 décembre 1946. Très jeune elle prend des cours de danse au Châtelet. Peu attirée par les études, elle est à 17 ans disc-jockey au Twenty-One, une discothèque de la rue Balzac à proximité des Champs-Élysées. La jolie disquaire blonde y rencontre Paul Mauriat, l’arrangeur de Charles Aznavour et elle passe une audition avec des titres de Leny Escudero, Marie Laforêt et France Gall. Annie suit avec application quelques cours de chant avant d’enregistrer un premier super 45 tours pour Riviera en 1964, produit par Yzi Spighel, patron du Twenty-One et Paul Mauriat. Gaîté et entrain sont au rendez-vous avec « Vous pouvez me dire » (« He don’t want your love anymore » de Lulu) et « Je chante et je danse », une véritable profession de foi agréablement jazzy.
Le printemps 1966 apporte « Ticket de quai » resté dans toutes les mémoires comme le plus gros tube d’Annie Philippe. La chanson contient tous les ingrédients du succès, une belle mélodie à retenir, un texte touchant et juvénile tissant la toile d’une déception amoureuse et un harmonica plaintif, la petite touche de génie qui fait la différence ! Plus rythmé, « Tu ne comprends rien aux filles » est l’autre succès du disque tandis que « On m’a toujours dit » sonne très british à la manière de Ronnie Bird. Curieusement, après ce grand succès, Annie change de label pour Philips. Elle récidive dans le bon goût et la réussite pour l’été 1966 avec le mélancolique « Mes amis, mes copains » également interprété par Catherine Spaak et « Pour qui, pour quoi » aux paroles désabusées. « Cause toujours donc », très dixieland, aurait pu faire le bonheur de France Gall ou Petula Clark. Les orchestrations de Paul Mauriat sont toujours remarquables. « C’est la mode », au climat très swinging-London, est le titre phare du disque suivant qui clôture l’année 1966, « Sœur Angélique » se détachant parmi les autres titres. Sur le septième microsillon « Tu peux partir où tu voudras » (« Go where you wanna go » des Mama’s & Papa’s et Fifth Dimension) est une reprise très réussie qui précède l’efficace « Pas de taxi » (n° 6 à SLC au printemps 1967) si bien que « Le mannequin », pressenti comme le hit du disque passe au second plan. Un 33 tours est édité avec « C’est la mode » en titre vedette et deux inédits, «Bon vieux carillon » et « Ma liberté » plus une version différente de « Pas de taxi »
Vous écoutez Annie Philippe dans un extrait de "Baby love"